Les problèmes environnementaux dans les pays en voie de développement
Fil conducteur
Inès lit qu'une forêt tropicale voit son couvert reculer pour le soja, le bois et les pâturages : chaque hectare a plusieurs usages concurrents.
En une phrase
Dans les pays en voie de développement, les problèmes environnementaux (déforestation, dégradation des sols, pollution, vulnérabilité au climat) sont liés à la pauvreté, à la croissance démographique et à la dépendance aux ressources naturelles, et touchent d’abord les populations les plus démunies.
Dans beaucoup de pays pauvres, la nature est abîmée : forêts coupées, sols usés, eau polluée. Ces problèmes viennent du besoin de vivre et de produire, et ce sont souvent les plus pauvres qui en subissent le plus.
Pourquoi c'est important
Les ressources naturelles fournissent l’alimentation, l’eau, l’énergie et les revenus de ces pays. Leur dégradation compromet donc directement le développement. Le changement climatique aggrave les vulnérabilités : sécheresses, inondations et montée des températures frappent d’abord les agricultures pluviales et les villes sans infrastructures.
Les forêts, les sols et l’eau nourrissent ces pays et leur donnent de l’argent. Quand ils se dégradent, le développement s’arrête. Le climat aggrave tout : sécheresses, inondations.
Comment ça marche
- La DÉFORESTATION résulte de l’extension agricole, de l’exploitation du bois et des infrastructures. Elle réduit la biodiversité et la régulation du climat et de l’eau.
- La dégradation des sols (érosion, salinisation, épuisement) réduit les rendements dans des agricultures qui n’ont pas les moyens de fertiliser ou de reboiser.
- La pollution urbaine et industrielle (eau, air, déchets) touche d’abord les quartiers pauvres, sans collecte ni traitement suffisants.
- La vulnérabilité climatique est forte quand la population dépend de l’agriculture pluviale et que les infrastructures de protection manquent.
- On coupe les forêts pour cultiver, pour le bois ou pour construire des routes. La biodiversité et l’eau en pâtissent.
- Les sols s’usent quand on ne peut pas les soigner : moins de récoltes.
- Les déchets et les polluants frappent d’abord les quartiers sans collecte ni traitement.
- Un mauvais temps, comme une sécheresse, fait beaucoup de dégâts quand personne ne protège les cultures.
Exemple concret
En Amazonie, l’extension des pâturages et des cultures commerciales a fait reculer la forêt, avec des effets sur les pluies régionales et sur les populations riveraines. Les populations locales dépendent souvent de la forêt pour leurs revenus, ce qui oblige à concilier conservation et développement.
En Amazonie, on coupe la forêt pour faire des champs et des pâturages. Cela change la pluie dans la région, et les gens qui vivent de la forêt se retrouvent pris entre protection et besoin de gagner leur vie.
Vocabulaire
- Déforestation : conversion de forêts vers d’autres usages (agriculture, pâturage, infrastructures), qui réduit durablement le couvert forestier.
- Dégradation des sols : perte de fertilité ou de capacité productive des sols, par érosion, salinisation ou épuisement.
- Vulnérabilité climatique : exposition d’une population ou d’un territoire aux effets du climat et de ses variations.
- Déforestation : couper une forêt pour en faire autre chose, de manière durable.
- Dégradation des sols : la terre s’use et produit moins.
- Vulnérabilité climatique : à quel point un lieu souffre quand le climat change ou se dérègle.
Les chiffres à connaître
- 10,9 millions d’hectares de forêts perdus par an entre 2015 et 2025 (déforestation brute), contre 17,6 millions dans les années 1990-2000. FAO, Global Forest Resources Assessment 2025.
- 4,12 millions d’hectares de perte nette annuelle de forêts sur la même période. FAO, 2025.
- 10,9 millions d’hectares de forêts disparaissent chaque année (2015-2025). C’est moins qu’avant, mais encore beaucoup. FAO, 2025.
- 4,12 millions d’hectares de forêts perdues en net chaque année. FAO, 2025.
Ce qu'en disent les géographes
Les géographes de l’environnement ont défendu l’idée que la dégradation de la nature dans les pays du Sud est le produit de rapports sociaux et économiques inégaux, et non d’une simple pression démographique. Cette lecture politique de l’environnement, dite political ecology, est aujourd’hui très présente dans la recherche.
Les géographes ne se contentent pas de dire « il y a trop de monde ». Pour eux, la nature se dégrade surtout à cause de rapports économiques et sociaux inégaux. C’est ce que l’on appelle l’écologie politique.
Piège / à ne pas confondre
Déforestation et déboisement ne sont pas toujours synonymes : une forêt exploitée peut être replantée, mais une forêt convertie en pâturage ou en culture ne l’est généralement pas. Autre piège : rendre les pays pauvres responsables de la dégradation sans regarder la demande extérieure en produits agricoles et en bois.
Une forêt coupée puis replantée n’est pas la même chose qu’une forêt transformée en champs. Et la demande des pays riches pour les produits agricoles et le bois compte aussi.
Pour anticiper
Pour un problème environnemental dans un pays en développement, identifie qui en profite, qui le subit et quelles alternatives existent. La réponse passe souvent par une combinaison de protection, de revenus de substitution et de gouvernance locale.
Pour un problème de nature dans un pays pauvre, demande-toi qui y gagne, qui en souffre, et quelle autre solution existe. Il faut souvent protéger la nature et donner un autre moyen de vivre.
À retenir
Les problèmes environnementaux des pays en développement (déforestation, dégradation des sols, pollution, vulnérabilité climatique) sont liés à la pauvreté et aux rapports économiques. Ils touchent d’abord les populations les plus démunies.
Les pays pauvres souffrent beaucoup de la nature abîmée, parce qu’ils vivent d’elle. Les forêts et les sols doivent être protégés, mais il faut aussi donner aux gens d’autres moyens de vivre.