Tous les « À retenir » du cours, dans l'ordre du plan : l'essentiel à garder sous la main.
Les pays émergents
Partie II — Géographie appliquée · A. La géographie du développement
Fil conducteur
Inès lit un article sur une usine de véhicules électriques installée dans un pays qu'elle croyait pauvre il y a dix ans.
En une phrase
Les pays émergents sont des économies en rattrapage rapide, fondées sur l’industrialisation, l’ouverture commerciale et l’attraction des capitaux, qui ne sont pas encore des pays développés à tous égards.
Un pays émergent est un pays qui rattrape vite les riches : il construit des usines, vend beaucoup à l’étranger et attire les capitaux, mais il n’a pas encore le niveau de vie des pays riches.
Pourquoi c'est important
Les pays émergents ont modifié la géographie économique mondiale : ils fabriquent une part croissante des biens, pèsent sur les marchés des matières premières et des capitaux, et contestent la domination des anciens pôles. Leur développement est aussi inégal à l’intérieur : des métropoles très riches côtoient des campagnes et des périphéries pauvres.
Les pays émergents ont changé la carte de l’économie : ils produisent une part croissante des biens du monde et pèsent sur les prix. Mais à l’intérieur de ces pays, il y a de très riches et de très pauvres.
Comment ça marche
L’industrialisation repose sur l’attraction des investissements directs étrangers, un coût du travail compétitif et une intégration aux chaînes de valeur mondiales.
L’ouverture commerciale et la spécialisation dans des produits manufacturés permettent de financer la croissance par les exportations.
L’expression « BRIC », forgée en 2001 par l’économiste Jim O’Neill, a désigné le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine avant que la catégorie ne s’élargisse.
Les émergents restent confrontés à des inégalités internes, à une dépendance aux capitaux étrangers et à des fragilités financières.
Ces pays attirent les usines des entreprises étrangères, car la main-d’œuvre coûte moins cher. Ils fabriquent alors pour le monde entier.
Ils vendent surtout des produits fabriqués, ce qui leur rapporte de l’argent pour se développer.
Le mot « BRIC », trouvé en 2001 par un économiste, a désigné d’abord le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine.
Mais ces pays restent très inégaux à l’intérieur, et leur croissance dépend beaucoup de l’argent venu de l’étranger.
Exemple concret
En Chine, la croissance urbaine et industrielle des vingt dernières années a déplacé des dizaines de millions de travailleurs des campagnes vers les zones industrielles des côtes. Les usines de ces zones ont exporté massivement, avant que la montée des salaires et des tensions commerciales n’oblige à monter en gamme.
En Chine, des millions de personnes ont quitté les campagnes pour travailler dans les usines des côtes. Ces usines ont vendu leurs produits dans le monde entier, puis les salaires ont monté et le pays a dû fabriquer des produits plus élaborés.
Vocabulaire
Pays émergent : économie dont la croissance rapide et l’industrialisation la rapprochent des pays développés, sans que son développement soit achevé.
Investissement direct étranger (IDE) : capital investi par une entreprise dans une unité de production située dans un autre pays.
Intégration commerciale : degré d’ouverture d’une économie aux échanges internationaux de biens et de services.
Pays émergent : un pays qui se développe vite, sans avoir encore atteint le niveau des riches.
Investissement direct étranger (IDE) : une entreprise étrangère qui construit une usine dans le pays.
Intégration commerciale : à quel point un pays vend et achète avec le reste du monde.
Les chiffres à connaître
110 060 milliards de dollars : PIB mondial en 2024, dans lequel la part des économies émergentes ne cesse d’augmenter. FMI, données reprises par LoveMoney (2026).
0,972 : IDH le plus élevé du classement 2025 (Islande, données 2023), contre une fourchette beaucoup plus basse pour les pays en tête du rattrapage. PNUD, Rapport sur le développement humain 2025.
110 060 milliards de dollars : tout ce que le monde produit en un an (2024). FMI.
0,972 : le meilleur score de développement humain en 2025 (Islande). Les émergents sont encore loin de ce niveau. PNUD, 2025.
Ce qu'en disent les géographes
Les géographes du développement distinguent la croissance économique du développement humain. Un pays peut afficher une croissance rapide sans que les services de base, l’éducation et la santé suivent. Cette distinction, défendue par le PNUD depuis 1990 avec l’indice de développement humain, structure aujourd’hui l’analyse des émergents.
Les géographes distinguent la croissance (plus de richesse) et le développement humain (une vie meilleure pour tous). Un pays peut grandir vite sans que les écoles, les hôpitaux et les services suivent. Le PNUD mesure ce second point depuis 1990.
Piège / à ne pas confondre
Émergent ne veut pas dire développé. La catégorie est une réalité économique qui évolue : un pays peut en sortir ou y entrer. Autre piège : la croissance moyenne d’un pays cache les écarts entre régions. Il faut toujours regarder la répartition, pas seulement le total.
Émergent ne veut pas dire riche. Un pays peut en sortir ou y entrer. Et la moyenne d’un pays peut cacher de fortes différences entre ses régions.
Pour anticiper
Face à un pays émergent, demande-toi quelle est la base de sa croissance (industrie, services, matières premières), qui en profite à l’intérieur, et de quelles dépendances elle s’accompagne (capitaux, marchés extérieurs, énergie).
Pour un pays émergent, demande-toi sur quoi repose sa croissance (usines, services, matières premières), qui en profite à l’intérieur, et de quoi il dépend encore.
À retenir
Les pays émergents rattrapent les économies développées par l’industrialisation, l’ouverture commerciale et les capitaux étrangers. Leur développement reste inégal et dépend de leurs choix internes comme de leurs liens extérieurs.
Les pays émergents rattrapent les riches en construisant des usines et en vendant au monde. Mais ils restent très inégaux à l’intérieur et dépendent de l’extérieur.
Les pays les moins avancés (PMA)
Partie II — Géographie appliquée · A. La géographie du développement
Fil conducteur
Inès cherche sur une carte les pays que l'ONU classe à part : beaucoup sont enclavés, et la plupart sont en Afrique.
En une phrase
Les pays les moins avancés (PMA) forment une catégorie de l’ONU définie par trois critères : un revenu par habitant faible, un capital humain insuffisant et une vulnérabilité économique forte aux chocs.
Les PMA sont les pays que l’ONU classe parmi les plus pauvres et les plus fragiles. Ils cumulent un revenu faible, peu d’éducation et de santé, et une économie très exposée aux crises.
Pourquoi c'est important
La catégorie PMA organise l’aide internationale et l’accès préférentiel aux marchés. Elle oriente aussi les politiques de développement : les PMA ont besoin de financements, de capacités administratives et de protection contre les chocs, non seulement de croissance.
Cette liste sert à décider de l’aide et des accès aux marchés riches. Les PMA ont besoin d’argent, de bonnes administrations et de protection contre les crises, pas seulement de croissance.
Comment ça marche
Le Comité des politiques de développement de l’ONU évalue les pays tous les trois ans selon trois critères : le revenu brut par habitant, un indice de capital humain (santé et éducation) et un indice de vulnérabilité économique.
Pour sortir de la catégorie, un pays doit remplir les seuils de graduation lors de deux revues consécutives ; la graduation est ensuite décidée par le Conseil économique et social puis l’Assemblée générale.
Beaucoup de PMA sont enclavés (sans accès à la mer) ou insulaires, ce qui renchérit leurs échanges.
Leur économie repose souvent sur quelques productions agricoles ou minières, ce qui les rend dépendants des cours mondiaux.
L’ONU examine les pays tous les trois ans. Elle regarde leur revenu, la santé et l’école, et leur fragilité face aux crises.
Pour sortir de la liste, il faut atteindre les seuils deux fois de suite, puis l’ONU valide.
Beaucoup de ces pays n’ont pas de mer, ou sont des îles : leurs marchandises coûtent plus cher à transporter.
Ils vivent souvent d’une ou deux productions, et les prix mondiaux les mettent en danger.
Exemple concret
Le Laos, pays enclavé d’Asie du Sud-Est, dépend de l’exportation de ressources et de l’énergie hydroélectrique vers ses voisins. L’ONU a recommandé en 2026 son retrait de la liste des PMA. Cette sortie dépendra de la confirmation formelle des instances de l’ONU, et ne suffit pas à elle seule à assurer un développement durable.
Le Laos n’a pas accès à la mer et vit beaucoup de ses ressources et de l’électricité qu’il vend à ses voisins. En 2026, l’ONU a recommandé qu’il sorte de la liste des pays les plus pauvres, mais cela doit encore être confirmé.
Vocabulaire
PMA : pays les moins avancés, catégorie définie par l’ONU sur des critères de revenu, de capital humain et de vulnérabilité économique.
Enclavement : absence d’accès direct à la mer, qui renchérit les coûts de transport et d’échange.
Vulnérabilité économique : exposition d’une économie aux chocs extérieurs (prix, catastrophes naturelles, crises financières).
PMA : les pays que l’ONU classe parmi les plus pauvres et les plus fragiles.
Enclavement : pays sans accès à la mer, donc des transports plus chers.
Vulnérabilité économique : à quel point un pays souffre quand le monde ou le climat le frappe.
Les chiffres à connaître
4,3 enfants par femme en moyenne en Afrique subsaharienne en 2024, nettement plus que dans le reste du monde. Cette fécondité pèse sur la capacité des PMA à investir dans l’éducation et la santé. ONU, World Population Prospects 2024.
Bangladesh, Laos et Népal : pays programmés pour sortir de la catégorie en 2026 selon l’UNCTAD. UNCTAD, liste des PMA.
4,3 enfants par femme en Afrique subsaharienne en 2024. Cela fait beaucoup d’enfants à éduquer et à soigner. ONU, 2024.
Bangladesh, Laos, Népal : trois pays prévus pour sortir de la liste en 2026. UNCTAD.
Ce qu'en disent les géographes
Les géographes du développement ont montré que l’enclavement, la distance aux marchés et la faiblesse des réseaux de transport expliquent une part importante des retards. Le concept de PMA, créé par l’ONU en 1971, est une catégorie statistique et politique, discutée car elle fige des situations qui évoluent.
Les géographes montrent que la distance, l’absence de mer et les mauvaises routes expliquent beaucoup de retards. La liste des PMA a été créée par l’ONU en 1971, et elle est discutée parce qu’elle fige des situations qui bougent.
Piège / à ne pas confondre
PMA et pays en développement ne sont pas synonymes : tous les pays en développement ne sont pas des PMA, et certains PMA ont une croissance rapide. Autre piège : la sortie de la liste ne signifie pas la fin de la pauvreté, seulement le franchissement de seuils statistiques.
Tous les pays pauvres ne sont pas des PMA, et l’inverse aussi. Sortir de la liste ne veut pas dire que la pauvreté a disparu : c’est juste un seuil franchi.
Pour anticiper
Pour un PMA, demande-toi quels sont ses obstacles (enclavement, dépendance à une ressource, vulnérabilité climatique) et quels leviers existent : intégration régionale, infrastructures de transport, diversification économique.
Pour un pays de cette liste, demande-toi ce qui le bloque (pas de mer, une seule ressource, climat dangereux) et ce qui pourrait l’aider : routes, voisins, autres productions.
À retenir
Les PMA sont définis par l’ONU selon le revenu, le capital humain et la vulnérabilité économique. Leur retard tient souvent à l’enclavement, à la dépendance à quelques ressources et à la fragilité face aux chocs.
Les PMA sont les pays les plus pauvres et les plus fragiles selon l’ONU. Ils sont souvent sans accès à la mer et vivent d’une ou deux ressources.
Les problèmes urbains dans les pays en voie de développement
Partie II — Géographie appliquée · A. La géographie du développement
Fil conducteur
Inès étudie une mégapole d'Asie du Sud : des quartiers de gratte-ciel, puis, à quelques kilomètres, des habitations sans eau courante.
En une phrase
La croissance urbaine rapide des pays en voie de développement dépasse souvent la capacité des villes à fournir logements, eau, transports et emplois, ce qui produit des quartiers précaires et des inégalités criantes.
Dans beaucoup de pays pauvres, les villes grandissent plus vite que ce qu’elles peuvent construire. Il manque des logements, de l’eau, des routes et des emplois, et les quartiers pauvres s’étendent.
Pourquoi c'est important
Les villes des pays en développement concentrent désormais une part majeure de la population et de la croissance mondiale. Si leurs problèmes ne sont pas traités, ils freinent le développement national, aggravent la pauvreté et augmentent les risques sanitaires et environnementaux.
Une grande part des habitants de la planète vit dans ces villes. Si leurs problèmes ne sont pas réglés, c’est tout le pays qui en pâtit : pauvreté, maladies, pollution.
Comment ça marche
L’exode rural et les migrations internes alimentent une croissance urbaine supérieure à celle des emplois et des équipements publics.
Le bidonville ou l’habitat informel se développe sur des terrains non constructibles, sans accès aux réseaux d’eau, d’assainissement et d’électricité.
La MÉGAPOLE combine une population immense et une forte fragmentation : une minorité a accès aux services, la majorité vit dans des quartiers précaires.
Les transports et la mobilité posent problème : congestion, faible couverture des transports collectifs, exposition aux pollutions de l’air.
Les gens viennent en ville chercher du travail. La ville ne suit pas et n’a pas assez de logements ni d’équipements.
Beaucoup s’installent sur des terrains interdits à la construction, sans eau propre ni électricité.
Une mégapole est immense, et les services ne sont accessibles qu’à une minorité.
Les routes sont embouteillées, les bus rares et l’air pollué.
Exemple concret
Dhaka, capitale du Bangladesh, compte environ 36,6 millions d’habitants dans son agglomération selon la révision 2025 de l’ONU. La ville concentre industries textiles et emplois, mais elle est aussi exposée aux inondations, et une part importante de ses habitants vit dans des quartiers précaires, sans équipements d’assainissement suffisants.
Dhaka, au Bangladesh, a environ 36,6 millions d’habitants. Beaucoup travaillent dans les usines de textile, mais de nombreux habitants vivent dans des quartiers pauvres, mal équipés, et souvent inondés.
Vocabulaire
Bidonville : quartier d’habitat précaire, construit sans autorisation et sans accès aux réseaux de base.
Mégapole : agglomération de plus de dix millions d’habitants.
Croissance urbaine : augmentation de la population des villes, due à la natalité urbaine, à l’exode rural et aux migrations.
Bidonville : un quartier pauvre, construit sans permis, sans eau ni électricité propres.
Mégapole : une ville de plus de dix millions d’habitants.
Croissance urbaine : quand les villes gagnent des habitants, par les naissances et les arrivées.
Les chiffres à connaître
45 % de la population mondiale vit dans des villes en 2025, selon la méthode du Degré d’urbanisation, qui est plus large que les définitions nationales. ONU, World Urbanization Prospects 2025.
41,9 millions d’habitants pour Jakarta, première agglomération mondiale selon la révision 2025 de l’ONU. ONU, WUP 2025, via Nippon.com.
45 % des habitants du monde vivent en ville selon l’ONU en 2025. ONU, 2025.
41,9 millions d’habitants pour Jakarta, la plus grande agglomération du monde selon la révision de l’ONU en 2025. ONU, 2025.
Ce qu'en disent les géographes
La géographie urbaine contemporaine insiste sur la diversité des villes du Sud : leur croissance n’est pas une copie de celle des villes européennes, et les quartiers informels font partie de l’économie urbaine, non seulement de ses problèmes.
La géographie urbaine rappelle que les villes du Sud ne ressemblent pas aux villes européennes. Les quartiers informels ne sont pas seulement des problèmes : ils font aussi partie de l’économie de la ville.
Piège / à ne pas confondre
Ville en développement ne signifie pas ville sans richesse : les mégapoles du Sud concentrent aussi des fortunes et des fonctions économiques majeures. Autre piège : un bidonville n’est pas un quartier homogène ; il comporte des niveaux de confort très différents.
Une ville pauvre peut aussi être très riche : certaines grandes villes du Sud concentrent beaucoup d’argent. Et dans un quartier pauvre, les conditions de vie varient beaucoup d’une maison à l’autre.
Pour anticiper
Pour une ville en croissance rapide, demande-toi si les équipements suivent le rythme : eau, assainissement, transports, logements. Un projet de transport ou de desserte peut changer toute la structure d’une agglomération.
Pour une ville qui grandit vite, regarde si l’eau, les égouts, les bus et les logements suivent. Un projet de transport peut tout changer.
À retenir
La croissance urbaine rapide des pays en développement dépasse les capacités d’équipement. Il en résulte un habitat informel, des mégapoles fragmentées et des inégalités d’accès aux services.
Les villes du Sud grandissent plus vite que leurs services. Il en résulte des quartiers pauvres, des embouteillages et des inégalités entre habitants.
Les problèmes environnementaux dans les pays en voie de développement
Partie II — Géographie appliquée · A. La géographie du développement
Fil conducteur
Inès lit qu'une forêt tropicale voit son couvert reculer pour le soja, le bois et les pâturages : chaque hectare a plusieurs usages concurrents.
En une phrase
Dans les pays en voie de développement, les problèmes environnementaux (déforestation, dégradation des sols, pollution, vulnérabilité au climat) sont liés à la pauvreté, à la croissance démographique et à la dépendance aux ressources naturelles, et touchent d’abord les populations les plus démunies.
Dans beaucoup de pays pauvres, la nature est abîmée : forêts coupées, sols usés, eau polluée. Ces problèmes viennent du besoin de vivre et de produire, et ce sont souvent les plus pauvres qui en subissent le plus.
Pourquoi c'est important
Les ressources naturelles fournissent l’alimentation, l’eau, l’énergie et les revenus de ces pays. Leur dégradation compromet donc directement le développement. Le changement climatique aggrave les vulnérabilités : sécheresses, inondations et montée des températures frappent d’abord les agricultures pluviales et les villes sans infrastructures.
Les forêts, les sols et l’eau nourrissent ces pays et leur donnent de l’argent. Quand ils se dégradent, le développement s’arrête. Le climat aggrave tout : sécheresses, inondations.
Comment ça marche
La DÉFORESTATION résulte de l’extension agricole, de l’exploitation du bois et des infrastructures. Elle réduit la biodiversité et la régulation du climat et de l’eau.
La dégradation des sols (érosion, salinisation, épuisement) réduit les rendements dans des agricultures qui n’ont pas les moyens de fertiliser ou de reboiser.
La pollution urbaine et industrielle (eau, air, déchets) touche d’abord les quartiers pauvres, sans collecte ni traitement suffisants.
La vulnérabilité climatique est forte quand la population dépend de l’agriculture pluviale et que les infrastructures de protection manquent.
On coupe les forêts pour cultiver, pour le bois ou pour construire des routes. La biodiversité et l’eau en pâtissent.
Les sols s’usent quand on ne peut pas les soigner : moins de récoltes.
Les déchets et les polluants frappent d’abord les quartiers sans collecte ni traitement.
Un mauvais temps, comme une sécheresse, fait beaucoup de dégâts quand personne ne protège les cultures.
Exemple concret
En Amazonie, l’extension des pâturages et des cultures commerciales a fait reculer la forêt, avec des effets sur les pluies régionales et sur les populations riveraines. Les populations locales dépendent souvent de la forêt pour leurs revenus, ce qui oblige à concilier conservation et développement.
En Amazonie, on coupe la forêt pour faire des champs et des pâturages. Cela change la pluie dans la région, et les gens qui vivent de la forêt se retrouvent pris entre protection et besoin de gagner leur vie.
Vocabulaire
Déforestation : conversion de forêts vers d’autres usages (agriculture, pâturage, infrastructures), qui réduit durablement le couvert forestier.
Dégradation des sols : perte de fertilité ou de capacité productive des sols, par érosion, salinisation ou épuisement.
Vulnérabilité climatique : exposition d’une population ou d’un territoire aux effets du climat et de ses variations.
Déforestation : couper une forêt pour en faire autre chose, de manière durable.
Dégradation des sols : la terre s’use et produit moins.
Vulnérabilité climatique : à quel point un lieu souffre quand le climat change ou se dérègle.
Les chiffres à connaître
10,9 millions d’hectares de forêts perdus par an entre 2015 et 2025 (déforestation brute), contre 17,6 millions dans les années 1990-2000. FAO, Global Forest Resources Assessment 2025.
4,12 millions d’hectares de perte nette annuelle de forêts sur la même période. FAO, 2025.
10,9 millions d’hectares de forêts disparaissent chaque année (2015-2025). C’est moins qu’avant, mais encore beaucoup. FAO, 2025.
4,12 millions d’hectares de forêts perdues en net chaque année. FAO, 2025.
Ce qu'en disent les géographes
Les géographes de l’environnement ont défendu l’idée que la dégradation de la nature dans les pays du Sud est le produit de rapports sociaux et économiques inégaux, et non d’une simple pression démographique. Cette lecture politique de l’environnement, dite political ecology, est aujourd’hui très présente dans la recherche.
Les géographes ne se contentent pas de dire « il y a trop de monde ». Pour eux, la nature se dégrade surtout à cause de rapports économiques et sociaux inégaux. C’est ce que l’on appelle l’écologie politique.
Piège / à ne pas confondre
Déforestation et déboisement ne sont pas toujours synonymes : une forêt exploitée peut être replantée, mais une forêt convertie en pâturage ou en culture ne l’est généralement pas. Autre piège : rendre les pays pauvres responsables de la dégradation sans regarder la demande extérieure en produits agricoles et en bois.
Une forêt coupée puis replantée n’est pas la même chose qu’une forêt transformée en champs. Et la demande des pays riches pour les produits agricoles et le bois compte aussi.
Pour anticiper
Pour un problème environnemental dans un pays en développement, identifie qui en profite, qui le subit et quelles alternatives existent. La réponse passe souvent par une combinaison de protection, de revenus de substitution et de gouvernance locale.
Pour un problème de nature dans un pays pauvre, demande-toi qui y gagne, qui en souffre, et quelle autre solution existe. Il faut souvent protéger la nature et donner un autre moyen de vivre.
À retenir
Les problèmes environnementaux des pays en développement (déforestation, dégradation des sols, pollution, vulnérabilité climatique) sont liés à la pauvreté et aux rapports économiques. Ils touchent d’abord les populations les plus démunies.
Les pays pauvres souffrent beaucoup de la nature abîmée, parce qu’ils vivent d’elle. Les forêts et les sols doivent être protégés, mais il faut aussi donner aux gens d’autres moyens de vivre.