Les écosystèmes
Fil conducteur
Dans son carnet, Inès note deux forêts voisines qui ne se comportent pas de la même façon après une sécheresse.
En une phrase
Un écosystème associe un ensemble d’êtres vivants (biocénose) et son milieu physique (biotope), reliés par des échanges de matière et d’énergie.
Un écosystème, c’est un lieu, avec ses plantes, ses animaux et ses micro-organismes, qui vivent ensemble et échangent de la matière et de l’énergie.
Pourquoi c'est important
Les sociétés dépendent des écosystèmes pour leur alimentation, leur eau, leurs matériaux et la régulation du climat. Ces fonctions, appelées services écosystémiques, ont une valeur économique et sociale. Lorsqu’un écosystème est dégradé, c’est souvent une activité humaine qui en pâtit, parfois loin du lieu de la dégradation.
Nous dépendons des écosystèmes pour manger, boire, nous loger et respirer dans un climat supportable. Quand un écosystème est abîmé, ce sont souvent les humains qui en subissent les conséquences, parfois très loin de là.
Comment ça marche
- Les producteurs (plantes, algues) fabriquent de la matière à partir de l’énergie solaire ; les consommateurs la transmettent le long de la chaîne trophique.
- Les décomposeurs (bactéries, champignons, vers) recyclent la matière morte : sans eux, les nutriments ne reviennent pas au sol.
- Un écosystème reste stable tant que ses échanges sont équilibrés ; une perturbation (incendie, sécheresse, espèce invasive) le fait changer de structure, parfois durablement.
- La biodiversité augmente en général la résilience : un écosystème riche en espèces encaisse mieux un choc.
- Les plantes fabriquent de la nourriture avec le soleil. Les animaux les mangent, et d’autres animaux les mangent à leur tour : c’est la chaîne alimentaire.
- Les champignons et les bactéries transforment les restes en nutriments pour le sol. Sans eux, rien ne reviendrait à la terre.
- Un écosystème reste équilibré tant que les échanges se font. Un incendie ou une sécheresse peuvent le transformer, parfois pour longtemps.
- Plus il y a d’espèces, plus l’écosystème encaisse les chocs.
Exemple concret
Dans la vallée de la Loire, une prairie humide, une forêt alluviale et une ripisylve forment des écosystèmes voisins mais distincts. Lors d’une crue, la forêt alluviale retient l’eau et protège les terres agricoles en aval ; si elle est arrachée pour gagner des cultures, la crue suivante est plus destructrice. L’écosystème rend donc un service dont la société ne s’aperçoit qu’en cas de défaillance.
Le long de la Loire, une forêt qui pousse au bord de l’eau retient les crues. Si on l’arrache pour cultiver, la prochaine crue fait plus de dégâts dans les champs situés en aval. La forêt rendait un service sans qu’on le remarque.
Vocabulaire
- Biocénose : ensemble des êtres vivants d’un écosystème.
- Biotope : milieu physique (climat, sol, eau) dans lequel vit une biocénose.
- Services écosystémiques : bénéfices que les sociétés tirent des écosystèmes (eau, nourriture, régulation du climat, protection contre les crues).
- Biocénose : tous les êtres vivants d’un lieu.
- Biotope : le milieu physique du lieu (climat, sol, eau).
- Services écosystémiques : ce que la nature nous apporte gratuitement : eau, nourriture, air plus frais, protection contre les crues.
Les chiffres à connaître
- 10,9 millions d’hectares de forêts perdus chaque année en moyenne entre 2015 et 2025 par déforestation brute, contre 17,6 millions dans les années 1990-2000. FAO, Global Forest Resources Assessment 2025.
- 4,12 millions d’hectares de perte nette annuelle de forêts sur la même période, une fois retirées les forêts nouvellement créées. FAO, 2025.
- 10,9 millions d’hectares de forêts disparaissent chaque année (2015-2025), contre 17,6 millions dans les années 1990-2000. C’est moins, mais encore trop. FAO, 2025.
- 4,12 millions d’hectares de forêts perdues en net chaque année, en tenant compte des forêts replantées ou repoussées. FAO, 2025.
Ce qu'en disent les géographes
Le concept d’écosystème est formalisé par le botaniste Arthur Tansley en 1935. Pour les géographes, l’écosystème permet de penser ensemble les composantes naturelles et les sociétés qui les exploitent : c’est une manière de dépasser l’opposition entre géographie physique et géographie humaine. La géographie de l’environnement reprend cette idée pour étudier les sociétés comme des acteurs des écosystèmes.
Le mot « écosystème » apparaît en 1935, avec le botaniste Arthur Tansley. Pour les géographes, il permet de voir ensemble la nature et les sociétés qui la transforment, au lieu de les séparer.
Piège / à ne pas confondre
Un écosystème n’est pas une simple juxtaposition d’espèces : ce sont les relations entre elles et avec le milieu qui le définissent. Autre piège : un écosystème stable n’est pas un écosystème figé. Il évolue en permanence, et une perturbation peut le faire basculer vers un autre état.
Un écosystème, ce ne sont pas seulement des espèces côte à côte : ce sont leurs liens. Et « stable » ne veut pas dire « immobile » : un lieu change tout le temps, et une perturbation peut le faire basculer.
Pour anticiper
Quand un projet touche un milieu (drainage, déforestation, retenue d’eau), demande-toi quels services il supprime et qui les subit. Les effets sont souvent décalés dans le temps et dans l’espace : un défrichement en amont peut inonder une ville en aval.
Quand un projet touche la nature (assécher une zone, couper une forêt, bâtir une digue), pose-toi la question : qu’est-ce qui disparaît, et qui le paie ? Les effets arrivent souvent plus tard et plus loin.
À retenir
Un écosystème associe biocénose et biotope par des échanges de matière et d’énergie. Ses services conditionnent les activités humaines, et leur dégradation a des effets décalés dans le temps et dans l’espace.
Un écosystème, ce sont des êtres vivants et leur milieu, liés entre eux. Ce qu’il nous rend (eau, nourriture, protection) dépend de son bon état, et les dégâts se voient parfois loin de l’endroit abîmé.