Les facteurs démographiques
Fil conducteur
Inès compare les pyramides des âges de deux pays : l'une ressemble à un sapin, l'autre à une pyramide large à la base.
En une phrase
La population mondiale évolue selon le solde naturel (naissances moins décès) et le solde migratoire, et ces deux soldes dépendent du niveau de développement, de la santé, de l’éducation et de la place des femmes.
Une population grandit ou diminue à cause de deux choses : le nombre de naissances moins le nombre de décès, et le nombre d’arrivées moins le nombre de départs. Le développement pèse sur les deux.
Pourquoi c'est important
La démographie détermine les besoins : écoles, logements, emplois, retraites, eau, alimentation. Une population jeune a besoin d’écoles et de travail ; une population âgée a besoin de soins et de retraites. Les flux migratoires transforment aussi les territoires et les marchés du travail.
La démographie dit de quoi un pays a besoin : des écoles si les enfants sont nombreux, des hôpitaux et des retraites si la population vieillit. Les migrations changent aussi les villes et le travail.
Comment ça marche
- La TRANSITION DÉMOGRAPHIQUE décrit le passage d’un régime à forte mortalité et forte natalité à un régime à faible mortalité et faible natalité. La baisse de la mortalité précède en général celle de la natalité, d’où une forte croissance transitoire.
- L’indice conjoncturel de fécondité (nombre moyen d’enfants par femme) passe sous le seuil de remplacement, situé à environ 2,1 enfants par femme, dans une grande partie du monde.
- L’espérance de vie progresse avec la santé publique, l’alimentation et l’éducation ; elle est l’un des indicateurs du développement.
- Les migrations internationales ajoutent ou retirent des habitants, et concentrent les jeunes adultes dans certains pays d’accueil.
- La population passe par plusieurs étapes : au début, beaucoup de bébés naissent et beaucoup de gens meurent jeunes. Puis la santé s’améliore, la mortalité baisse, et les naissances finissent par baisser aussi.
- Une femme a en moyenne environ 2,1 enfants pour que la population se maintienne. Beaucoup de pays sont en dessous.
- Vivre plus longtemps dépend de la santé, de la nourriture et de l’école. C’est un bon signe de développement.
- Les migrants changent le nombre d’habitants et l’âge moyen dans les pays d’arrivée.
Exemple concret
Au niveau mondial, l’indice de fécondité est tombé à environ 2,25 enfants par femme en 2024, contre 3,1 en 1990. En Afrique subsaharienne, il reste autour de 4,3. Les deux régions n’en sont donc pas au même stade de la transition : la population mondiale continue de croître, mais de moins en moins vite.
Dans le monde, une femme a en moyenne 2,25 enfants aujourd’hui, contre 3,1 en 1990. En Afrique subsaharienne, c’est encore environ 4,3. Le monde n’est donc pas au même point de la même histoire.
Vocabulaire
- Transition démographique : passage d’une population à forte natalité et forte mortalité à une population à faible natalité et faible mortalité.
- Indice conjoncturel de fécondité : nombre moyen d’enfants qu’aurait une femme au cours de sa vie, aux taux de fécondité observés cette année-là.
- Espérance de vie : nombre moyen d’années qu’une personne peut espérer vivre à sa naissance, aux conditions de mortalité observées.
- Transition démographique : le passage de familles nombreuses avec beaucoup de décès à des familles réduites avec peu de décès.
- Indice conjoncturel de fécondité : le nombre d’enfants qu’une femme aurait en moyenne, selon les naissances de l’année.
- Espérance de vie : le nombre d’années qu’un bébé peut espérer vivre, selon les conditions actuelles.
Les chiffres à connaître
- 2,25 enfants par femme en 2024 dans le monde, contre 3,1 en 1990. ONU, World Population Prospects 2024.
- 304 millions de migrants internationaux à la mi-2024, soit 3,7 % de la population mondiale. ONU, DESA (Division de la population).
- 2,25 enfants par femme dans le monde en 2024, contre 3,1 en 1990. ONU, 2024.
- 304 millions de personnes vivent hors de leur pays de naissance, soit 3,7 % des humains. ONU, mi-2024.
Ce qu'en disent les géographes
Adolphe Landry, démographe français, formalise dans les années 1930 l’idée d’une évolution en étapes de la natalité et de la mortalité, qui deviendra le modèle de la transition démographique. Les géographes en font une grille de lecture des contrastes régionaux : ce qui se passe dans un pays dépend de l’étape où il se trouve.
Un démographe français, Adolphe Landry, a décrit dans les années 1930 le passage par étapes des familles nombreuses aux familles réduites. Les géographes l’utilisent pour comparer les pays : chacun est à une étape différente.
Piège / à ne pas confondre
Croissance naturelle et croissance totale ne sont pas la même chose : une ville peut grandir fortement sans que sa natalité soit élevée, grâce aux migrations. Autre piège : une fécondité basse ne signifie pas une population en baisse immédiate, car la population est portée par les générations précédentes, plus nombreuses.
Une ville peut grandir beaucoup sans avoir beaucoup de bébés, parce que des gens arrivent. Et si les femmes ont peu d’enfants, la population continue quand même de grandir un temps, car les générations précédentes sont nombreuses.
Pour anticiper
Pour un sujet sur la population d’un pays, commence par situer son étape de transition (natalité, mortalité, espérance de vie), puis regarde la structure par âge. Une pyramide large à la base annonce une croissance des besoins en éducation ; une pyramide étroite à la base annonce un vieillissement.
Pour parler de la population d’un pays, dis d’abord à quelle étape il est, puis regarde l’âge des habitants. Beaucoup de jeunes veut dire beaucoup d’écoles ; beaucoup de vieux veut dire beaucoup de soins et de retraites.
À retenir
La population évolue par le solde naturel et le solde migratoire, et ces deux soldes dépendent du développement. La transition démographique explique le passage d’une forte natalité et d’une forte mortalité à une faible natalité et une faible mortalité.
Une population change selon les naissances, les décès et les migrations. Le développement change ces trois choses, et la transition démographique décrit le chemin : moins de décès, puis moins de naissances.